Les communautés d'apprentissage

Le Programme éducatif du Forum universel des Cultures de Barcelone en 2004 met l'accent sur quatre grands types de communautés d'apprentissage : la classe, l'école, le territoire et la communauté d'apprentissage entièrement virtuelle. Toutes sont supportées par les technologies de l'information et de la communication parce qu'elles ouvrent à diverses façons d'interagir, de se représenter différents points de vue selon des médias variables et de travailler au-delà des contraintes du temps et de l'espace. En plus, nous en venons au modèle de la communauté d'apprentissage à partir de l'étude de l'éducation formelle en milieu scolaire plutôt qu'en situation d'éducation non formelle (par exemple, clubs et équipes parascolaires).

En ce qui concerne comment une communauté opère, que ce soit un groupe de quatre élèves en classe essayant d'expliquer la loi de la gravité, des enseignants réunis en communauté de pratique ou des chercheurs tentant de résoudre les problèmes entourant l'intégration des technologies dans des programmes de sciences, certains traits sont les mêmes. L'intérêt de créer des communautés est que les élèves deviennent plus engagés dans leurs apprentissages, qu'ils construisent de nouvelles et de meilleures relations avec la connaissance et qu'ils acquièrent une compréhension plus approfondie et plus durable des concepts essentiels. À tous les niveaux, la communauté travaille ensemble pour résoudre des problèmes authentiques et un meilleur respect des procédés démocratiques qui mettent l'accent sur le dialogue afin de s'assurer que toutes les voix sont entendues (voir http://www.tact.fse.ulaval.ca/barcelone/prepar2/preparf/milestones/milestones.html pour une présentation plus complète du concept de communauté d'apprentissage).

Cependant, il existe aussi des différences. Ouvrir la communauté d'apprentissage sur la communauté plus large est en soi un développement complexe, mais susceptible d'apporter de grands bénéfices.

La classe en tant que communauté d'apprentissage

Plusieurs pensent que d'établir une communauté d'apprentissage d'abord dans une classe est la façon de commencer. Dans une certaine mesure, cela est vrai spécialement dans les classes déjà en voie de devenir des communautés d'apprentissage. Celles-ci manifestent alors les attitudes de base mises en évidence : attention portée aux autres, dialogue et entraide (pour plus de détails, voir http://www.fse.ulaval.ca/fac/tact/fr/html/prj-7.1/commune3.html). Cela est encore plus vrai dans des classes où l'enseignant et ses élèves passent la majeure partie de la journée ensemble et utilisent les TIC pour travailler sur un problème réel et authentique. Au sein du groupe-classe, il s'agit de mettre en place une organisation et une gestion, incluant des normes axées sur l'apprentissage en profondeur, qui encourageront les élèves à concevoir que leurs idées et leurs conceptions peuvent faire l'objet d'amélioration, feront en sorte que les connaissances individuelles comme celles de la communauté compteront et où les élèves apprendront à apprendre, et l'enseignant, à orchestrer l'interaction de plus de deux douzaines d'enfants ou d'adolescents.

Cependant, si isolée, la classe, communauté d'apprentissage peut tout aussi bien faire face à bien des obstacles. Premièrement, une classe cherchant à se développer en tant que communauté d'apprentissage supportée par les TIC risque de manquer de certaines ressources (bibliothèque, infrastructure technologique) dont elle voudrait disposer; deuxièmement, un enseignant travaillant seul est privé du support de ses collègues; finalement, il y a fort à parier que la question de comment ouvrir la classe à la communauté, si approchée du seul lieu de la classe, créera des conflits à d'autres niveaux. Le support administratif de l'école va s'avérer bien nécessaire.

L'école en tant que communauté d'apprentissage

Une école, communauté d'apprentissage, dispose d'une vision et d'un projet éducatif bien pensé, connu et explicitement adopté par la bonne majorité des enseignantes et des enseignants, des élèves et des parents. L'école encourage les équipes qui s'auto-gèrent à faire de continuels retours sur les résultats d'apprentissage afin d'assurer que les innovations mises en place sont de qualité. Le rôle de la direction dans une école, communauté d'apprentissage, devient plus complexe. Il ou elle a besoin de jouer un rôle de leader positif afin d'inspirer les enseignants et les élèves à réaliser la mission de l'école; en même temps, la direction est consciente des forces différentes des participants et encourage les enseignants à exercer du leadership en fonction de leurs forces respectives. Une école, communauté d'apprentissage, est alors capable de collaboration et d'en arriver à ce que l'équipe enseignante développe un sentiment de cohésion et qu'il en soit ainsi entre les enseignants et les élèves.

En tant que communauté d'apprentissage, l'école en entier, ou une unité plus large qu'une simple classe, s'engage dans des initiatives impliquant des changements visant à approcher le curriculum de manière davantage interdisciplinaire et transdisciplinaire. Cela voudra dire, entre autres choses, qu'il n'y aura pas un enseignant, ou un groupe d'enseignants, connaissant toutes les réponses à l'avance. Au contraire, l'école va devoir capitaliser sur les connaissances et les habiletés que chaque personne voudra bien améliorer. Prendre conscience que l'intelligence se distribue entre les gens, leurs environnements et les situations que l'école fournit permettra aux écoles d'élargir leur communauté.

Le territoire en tant que communauté d'apprentissage

Chose intéressante, plusieurs écoles commencent à ce niveau en se servant du courrier électronique selon le modèle "demande à un expert". C'est une façon d'obtenir plus d'information, mais ne promeut pas le développement de la communauté d'apprentissage entre les classes, les écoles et la communauté plus large. Ce mode question-réponse ne supporte pas la formule "apprenti", le mentorat à long terme ou un apprentissage collectif distribué. Pourtant, ceux-ci sont parmi les principaux avantages des partenariats école-territoire. Ces partenariats offrent des occasions aux élèves de rendre ce qu'ils apprennent plus pertinent à la résolution de situations-problèmes réelles.

Les communautés d'apprentissage virtuelles

Les personnes impliquées dans une situation d'éducation à distance supportée par les TIC ne constitue pas, en elle-même, une communauté d'apprentissage virtuelle. Une communauté d'apprentissage virtuelle implique qu'un groupe de personnes se rencontrent régulièrement dans un espace virtuel dans le seul but partagé d'explorer un thème ou de comprendre un problème ou une question complexe. Le groupe est une communauté d'investigation dans laquelle tous sont attendus et encouragés à porter attention à leurs démarches et à leurs dires afin de faire en sorte que leur collaboration avec autrui devienne une façon naturelle et adaptée pour eux de se comporter. Les communautés d'apprentissage virtuelles peuvent exister à l'intérieur de ou entre des classes et des écoles, des entreprises ou des foyers, les trio école-maison-communauté, ou école-lieu de travail-université ou, encore, à l'intérieur de ou entre différentes cultures. Les possibilités de ces partenariats sont immenses et leur complexité est grande. Dans plusieurs groupes de collaborateurs, et spécialement chez ceux qui fonctionnent de manière virtuelle, les rôles ne sont souvent pas très bien différenciés et nous ne disposons pas de protocoles qui permettraient d'assigner des rôles aux uns et aux autres. Ceci est complexe, mais c'est aussi l'occasion d'explorer les dynamiques des relations entre pairs et collègues.

 

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